Lubumbashi : protéger la création devient une responsabilité citoyenne
La nature fait partie du quotidien à Lubumbashi, même lorsqu’elle passe inaperçue. Dans les quartiers, le long des rivières, dans les espaces verts et autour des habitations, arbres, oiseaux, insectes et autres espèces contribuent à maintenir l’équilibre de notre environnement. Pourtant, cette biodiversité urbaine recule progressivement sous la pression de l’urbanisation, des activités industrielles, de la pollution et de la disparition des espaces naturels.

Jeancy Mulopwe
Journaliste environnemental
Source : Bibliothèque, Emission Radio

Derrière la disparition d’un arbre ou la dégradation d’une rivière se cache une réalité plus profonde : c’est tout un équilibre écologique qui peut être fragilisé. La qualité de l’air, la température dans les quartiers, la disponibilité de l’eau, la sécurité alimentaire et même la santé des populations sont directement ou indirectement concernés. Les personnes les plus vulnérables sont souvent les premières à subir les conséquences de cette dégradation.
Dans une ville comme Lubumbashi, la question de la biodiversité urbaine ne peut donc plus être considérée comme une préoccupation réservée aux spécialistes de l’environnement. Elle concerne chaque citoyen et rejoint également une dimension spirituelle : celle de la responsabilité de l’être humain envers la création qui lui est confiée.
La biodiversité urbaine désigne l’ensemble des formes de vie présentes dans une ville : végétaux, animaux, insectes, microorganismes, mais aussi les différents espaces qui leur permettent de vivre. À Lubumbashi, cette biodiversité est présente dans les jardins, les arbres d’alignement, les espaces non bâtis, les cours d’eau et les zones végétalisées.
Mais cette richesse naturelle est progressivement mise sous pression. L’extension des quartiers, la construction de nouvelles infrastructures, l’exploitation des ressources et certaines activités industrielles entraînent la disparition ou la fragmentation des habitats naturels.
Les arbres sont parfois abattus sans remplacement suffisant, tandis que les cours d’eau peuvent être exposés aux déchets et à différentes formes de pollution. Lorsque ces espaces naturels disparaissent, les espèces qui y vivent perdent leurs refuges et leurs sources de nourriture.
La disparition de la biodiversité n’est pas seulement une perte pour la nature. Elle a des conséquences sur la vie quotidienne des habitants. Les arbres jouent notamment un rôle important dans l’amélioration du cadre de vie. Ils contribuent à apporter de l’ombre, à réduire localement la chaleur et à améliorer la qualité de l’environnement. La végétation participe également à la régulation du cycle de l’eau et à la protection des sols.
Lorsque les espaces végétalisés diminuent et que les surfaces artificialisées augmentent, la ville peut devenir davantage exposée à la chaleur et au ruissellement des eaux. La dégradation des rivières et des autres milieux aquatiques peut également affecter la qualité de l’eau et les activités qui en dépendent.



