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Lubumbashi : le CIPPAGRI mise sur la transformation du « pondu caoutchouc » pour stimuler l’entrepreneuriat agricole — Environ Média
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Lubumbashi : le CIPPAGRI mise sur la transformation du « pondu caoutchouc » pour stimuler l’entrepreneuriat agricole
Le Centre d’innovation pour la promotion de l’agriculture (CIPPAGRI) a organisé, samedi 26 septembre 2026, à l’Université de Lubumbashi, une journée de mobilisation et de démonstration consacrée à l’entrepreneuriat agricole. L’activité a notamment porté sur la culture et la transformation des feuilles de manioc sauvage (Manihot glaziovii), communément appelées « pondu caoutchouc », avec des perspectives de diversification vers d’autres produits agricoles, notamment la tomate et l’ananas.
Jeancy Mulopwe
Source : Terrain, documentation, interview
Photo exclusive : photo de famille des parties prenantes à la séance à la faculté d'agronomie et environnement de l'université de Lubumbashi
Mettre l’innovation au service de la transformation des produits agricoles. C’est l’un des principaux enjeux mis en avant lors de cette journée organisée à la Faculté des sciences agronomiques et environnementales de l’Université de Lubumbashi.
Pendant plusieurs heures, des participants et différents acteurs intéressés par l’entrepreneuriat agricole ont échangé autour des possibilités offertes par la valorisation et la transformation des produits agricoles.
Pour Biayi Martin, chercheur et doctorant en sciences pharmaceutiques, l’initiative permet notamment d’apporter une valeur ajoutée au travail des femmes qui participent à la production et à la transformation du « pondu caoutchouc ».
“C’est un projet de développement. Pour cette activité, nous avons ciblé particulièrement les femmes, étant donné que ce sont nos mamans qui s’occupent de la culture du sombé, appelé pondu caoutchouc dans notre milieu. Il était question pour nous de leur transmettre un message sur la transformation afin de valoriser ce produit qu’elles utilisent encore de manière rudimentaire et de lui apporter une certaine valeur ajoutée », a-t-il expliqué.
Le chercheur estime également que cette démarche peut favoriser l’autonomisation économique des femmes engagées dans cette activité.
“Il faudrait prendre des initiatives et prendre en main ces projets. Avec l’accompagnement du CIPPAGRI, cela pourra aider les femmes à s’auto-prendre en charge, à améliorer leur rentabilité dans la vente de cette culture et à créer davantage d’opportunités », a-t-il ajouté.
La journée a également servi de cadre à une démonstration pratique des différentes étapes de transformation. Trois équipements ont notamment été présentés : une blanchisseuse, une centrifugeuse et un broyeur.
Ces outils sont destinés à faciliter certaines opérations liées à la transformation du produit et à améliorer les possibilités de valorisation du « pondu caoutchouc ».
Le « pondu caoutchouc », d’un produit négligé à un légume recherché
Pour Bernard Kisangani, chercheur à la Faculté des sciences économiques de l’Université de Lubumbashi, l’intérêt porté aujourd’hui au Manihot glaziovii traduit une évolution dans la perception de cette plante.
“En RDC, il y a le manioc classique que nous consommons tous les jours. Mais depuis un certain temps, nous constatons sur le marché la présence d’un manioc appelé manioc caoutchouc, dont le nom scientifique est Manihot glaziovii. Ce manioc, qui était autrefois négligé, est devenu aujourd’hui un légume de plus en plus demandé », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette évolution ouvre également des perspectives pour la recherche agricole.
“De ce fait, nous avons pensé à développer un projet autour de cette plante. Le projet de recherche que je mène porte notamment sur la caractérisation des lignées de manioc provenant d’Asie ainsi que sur la mise en place de pratiques culturales durables », a-t-il ajouté.
L’objectif affiché est de contribuer à l’émergence d’une filière agricole à la fois durable et rentable, tout en ouvrant la voie à une diversification vers d’autres légumes et fruits, notamment la tomate et l’ananas.
Une culture adaptée aux conditions de la région
Du côté de la Faculté des sciences agronomiques et environnementales, l’initiative est également perçue comme une opportunité pour développer des solutions adaptées aux réalités agricoles locales.
Pour le professeur Michel Mpundu, docteur, ingénieur agronome et doyen de la Faculté des sciences agronomiques et environnementales de l’Université de Lubumbashi, le projet présente un intérêt particulier en raison des caractéristiques de cette culture.
“Ce projet que le CIPPAGRI est en train d’accompagner est très pertinent. Avec le sombé, le pondu caoutchouc, qui est comme un arbuste produisant de manière permanente des feuilles, même pendant la saison sèche, les femmes pourront disposer de légumes sans nécessairement avoir recours à l’arrosage. Le manioc s’adapte bien aux différentes saisons », a-t-il expliqué.
Pour le doyen, cette capacité d’adaptation pourrait constituer un atout pour le développement de cette activité dans la région.
À travers cette journée, CIPPAGRI entend ainsi promouvoir l’innovation, la transformation et la valorisation des produits agricoles comme piliers de développement de l’entrepreneuriat agricole à Lubumbashi et partout en RDC.
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