Mine : l’Ouzbékistan veut passer du sous-sol à l’industrie
Avec plus de 30 minerais identifiés et 76 projets représentant environ 2,4 milliards d’euros, l’Ouzbékistan cherche à s’imposer dans la nouvelle course mondiale aux métaux indispensables aux véhicules électriques, aux semi-conducteurs et aux énergies renouvelables.

Josué Lwamba
Journaliste
Source : Euronews.com

Les autorités recensent 76 projets d’investissement consacrés à 28 éléments rares, pour une enveloppe d’environ 2,4 milliards d’euros. Une stratégie qui répond à une réalité mondiale : la transition énergétique et le développement des technologies avancées font exploser la demande pour ces ressources. Mais pour Tachkent, l’enjeu dépasse la simple exploitation minière. Le pari consiste à produire davantage sur place et à retenir une plus grande part de la valeur ajoutée.
À Almalyk, dans la région de Tachkent, cette ambition prend une dimension industrielle. Le complexe minier et métallurgique d’Almalyk figure parmi les principaux centres de production de cuivre d’Asie centrale. Ses activités couvrent l’ensemble de la chaîne, de l’extraction du minerai jusqu’à sa transformation.
À Kalmakyr, l’exploitation commencée dans les années 1950 a changé d’échelle. Plus d’un milliard de tonnes de minerai ont déjà été acheminées vers les installations de traitement. Aujourd’hui, la mine produit plus de 38 millions de tonnes de minerai par an et fait travailler plus de 35 000 personnes.
Le cuivre n’est toutefois qu’une partie de cette richesse. L’or, l’argent et le zinc sortent également des installations, tandis que des métaux associés notamment le molybdène, le tungstène et le rhénium renforcent l’intérêt stratégique du complexe.
À proximité, le projet Yoshlik-1 concentre une autre partie des ambitions minières du pays. Son développement, lancé activement à partir de 2017, s’appuie sur des réserves réévaluées après de nouvelles campagnes d’exploration et l’intervention de partenaires internationaux.
Le gisement contient du cuivre, de l’or et de l’argent, mais aussi du molybdène, du rhénium, du sélénium et du tellure. Selon les responsables du site, les nouvelles estimations ont multiplié les réserves par environ 2,5 par rapport aux premières évaluations, avec un potentiel de production pouvant s’étendre sur plus de cinq décennies.
L’ampleur du chantier donne la mesure du projet : 248 millions de mètres cubes de morts-terrains ont déjà été déplacés, près de 45 kilomètres de voies ferrées construits et plus de 400 engins lourds mobilisés.
Tachkent veut désormais franchir une étape supplémentaire. En 2024, le pays a créé le Complexe ouzbek des métaux technologiques, chargé de coordonner le secteur des minerais critiques, depuis la prospection jusqu'à la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée.




