Mines illégales : de Johannesburg au Ghana, quand la quête de l’or menace les territoires
À Johannesburg, l’exploitation minière illégale fragilise les fondations de la ville, endommage les infrastructures et alimente la violence. À des milliers de kilomètres de là, au Ghana, le phénomène du « galamsey » transforme des terres agricoles, des forêts et des cours d’eau en zones dégradées. Deux pays, deux réalités minières, mais une même alerte : lorsque l’exploitation de l’or échappe au contrôle, son coût environnemental, social et sécuritaire peut devenir considérable.

Jeancy Mulopwe
Source : Géo.com

À Johannesburg, les fissures qui apparaissent sur certaines routes et les affaissements de terrain ne sont pas seulement des signes de vieillissement des infrastructures. Ils révèlent parfois ce qui se passe sous les pieds des habitants.
Dans plusieurs quartiers de la capitale économique sud-africaine, l’exploitation minière illégale transforme progressivement le sous-sol en un véritable réseau de galeries instables. Les zama zamas, terme zoulou signifiant approximativement « ceux qui essaient », exploitent d’anciens puits ou creusent clandestinement de nouvelles galeries à la recherche de l’or.
Le phénomène ne se limite plus aux zones minières éloignées. Il atteint désormais des espaces urbains où routes, réseaux d’eau, systèmes d’assainissement, installations électriques, entreprises et habitations peuvent se retrouver exposés aux conséquences des excavations souterraines.
La municipalité de Johannesburg a récemment signalé des sinkholes, des effondrements de routes, des dommages aux réseaux d’assainissement et la fermeture de certaines entreprises dans des secteurs touchés par l’exploitation clandestine. Dans certaines zones, les cavités souterraines atteignent plusieurs dizaines de mètres et rendent les interventions techniques particulièrement difficiles.
À Roodepoort, dans l'ouest de Johannesburg, des habitants racontent avoir ressenti des explosions et des vibrations provenant du sous-sol. Les inquiétudes ne concernent plus uniquement les activités minières elles-mêmes, mais leurs conséquences sur la sécurité des quartiers.
L'exploitation minière illégale apparaît ainsi comme un phénomène à plusieurs dimensions : économique, environnementale, sociale et sécuritaire.
Au Ghana, l'exploitation minière illégale, connue sous le nom de « galamsey », est devenue l'un des principaux défis environnementaux du pays.
Mais contrairement à Johannesburg, où l'une des principales menaces concerne l'instabilité du sous-sol urbain, le Ghana fait surtout face à une dégradation massive des terres, des forêts et des ressources en eau.
Le recours au mercure et, dans certaines opérations, au cyanure constitue également une source de préoccupation. Ces substances peuvent contaminer l'eau, les sols et la chaîne alimentaire, faisant de la pollution minière une question qui dépasse largement les seuls sites d'extraction.




